
Les 11 et 12 avril derniers, la Fondation Aznavour à Erevan a accueilli une session de formation aux premiers secours un peu spéciale. Cette rencontre a réuni les formateurs d’Armenia Peace Initiative (API) et Pascal un spécialiste français du secours en montagne, avec un objectif commun : renforcer les capacités des formateurs locaux d’API pour élargir le spectre des formations dans les villages frontaliers d’Arménie tout en restant dans le protocole otanien.
Une mission au cœur de la résilience
Cette conférence s’inscrit pleinement dans la mission d’API : renforcer la résilience des populations arméniennes, en particulier dans les zones frontalières exposées aux risques. Depuis sa création en 2020, l’organisation agit comme un pont entre la France et l’Arménie, en développant des programmes concrets centrés sur la sécurité humaine.
Des outils pédagogiques renforcés
Les formateurs arméniens ont approfondi leur maîtrise de la méthodologie « MARCHE », un protocole structuré permettant d’intervenir rapidement en situation d’urgence, déjà utilisé dans les formations dispensées sur le terrain.
L’intervention de l’expert français a permis d’enrichir ces pratiques avec de nouveaux outils pédagogiques et opérationnels : les protocoles « RYAN », « SMART ABC » et « SAFE ». Ces approches complémentaires offrent des grilles de lecture simples, efficaces et adaptées à des contextes à forte contrainte. Elles facilitent la prise de décision rapide et l’action sur le terrain, tout en harmonisant les méthodes pour améliorer la qualité des formations et renforcer la capacité d’intervention des populations formées.
Au-delà de l’enseignement théorique, les formateurs arméniens ont eu l’opportunité de mettre en pratique l’ensemble des protocoles présentés. Grâce à du matériel professionnel mis à disposition durant ces deux journées, ils ont pu s’exercer concrètement aux gestes et procédures enseignés, consolidant ainsi leurs compétences dans des conditions réalistes. Cette approche pratique garantit une meilleure appropriation des techniques et renforce la confiance des formateurs dans leur capacité à les transmettre efficacement sur le terrain.
Un impact concret dans les régions frontalières
Les formations aux premiers secours constituent l’un des piliers du programme de sécurité civile d’API. Les résultats obtenus témoignent d’un impact significatif :
Région du Tavush
30 villages frontaliers formés, soit 615 personnes, dont une large majorité de femmes. Par ailleurs, 131 jeunes et 121 professionnels de santé ont bénéficié de ces formations.
Région du Gegharkunik
Le programme se poursuit avec 34 villages déjà couverts et plus de 600 personnes formées, confirmant la montée en puissance du dispositif.Bilan global 2023-2026
- 1 490 civils formés, dont 1 137 femmes et 222 professionnels de santé, démontrant la capacité du programme à toucher un large public et à intégrer les acteurs clés de la santé locale.
- 1 379 trousses de secours individuelles et 157 trousses collectives distribuées, garantissant aux populations formées les moyens matériels d’intervenir efficacement en cas d’urgence.
- 69 formations effectuées dans 69 villages classés prioritaires (P1), couvrant les zones les plus exposées aux risques dans les régions frontalières.
- Un taux de satisfaction remarquable de 9,7 sur 10.
- Deja 15 sessions de maintenance menées dans le Tavush, assurant la mise à jour régulière des compétences et l’ancrage durable des pratiques de secourisme.
- Plus de 38 000 kilomètres parcourus par les équipes d’API pour atteindre ces villages souvent isolés et difficiles d’accès, témoignant de l’engagement logistique et humain nécessaire pour mener à bien cette mission.
Au-delà de la transmission de gestes techniques, ces formations participent à un objectif plus large : construire une société plus résiliente et autonome face aux crises. Comme le rappelle la vision d’API, il ne peut y avoir de paix durable sans sécurité, et la résilience des populations constitue un pilier essentiel de la stabilité.
Les perspectives pour les années à venir confirment cette ambition. L’extension des formations à de nouvelles régions comme le Syunik et la volonté de couvrir près de la moitié des villages prioritaires du pays d’ici 2026 témoignent de la détermination d’API à poursuivre son action sur le long terme.






